Avec l’année 2023 qui tire à sa fin, de nombreux ménages dresseront la liste de leurs souhaits pour la prochaine année afin de prioriser leurs activités et besoins. L’achat d’une première ou d’une nouvelle propriété fera certainement partie des projets de plusieurs, particulièrement alors où une baisse des taux d’intérêt est largement attendue en deuxième moitié de 2024. Pourtant, la baisse des prix de l’immobilier, souhaitée par de nombreux acheteurs écartés du marché depuis que la Banque du Canada a commencé sa campagne de hausse des taux afin de réduire l’inflation au pays, n’est pas dans les cartes pour l’année à venir.

Selon les prévisions de Royal LePage, le prix de l’agrégat d’une propriété dans la région du Grand Montréal devrait croître de 5,0 % au quatrième trimestre de 2024, comparativement à la même période en 2023, pour atteindre 610 260 $. Au cours de la même période, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée devrait augmenter de 4,5 % pour atteindre 684 998 $, tandis que celui d’une copropriété devrait connaître une croissance de 6,0 % pour atteindre 471 912 $.

« La boule de cristal immobilière sera faite de nombreux facteurs en 2024, mais la chose à retenir est que la réduction de l’inflation près du taux cible n’aura pas suffi à freiner bien longtemps l’augmentation des prix de l’immobilier, faute d’offre », explique Dominic St-Pierre, vice-président et directeur général, Royal LePage, région du Québec. « Le logement est un besoin essentiel et le manque encore criant d’unités pour satisfaire à la croissance de la demande et de la population est voué à perdurer, tant et aussi longtemps que les investissements des paliers de gouvernements ne se concrétiseront pas dans le paysage urbain. Toutefois, même si l’on s’attend à une baisse des taux d’intérêt l’année prochaine, les consommateurs seront appelés à s’adapter à une nouvelle réalité, puisque l’époque des taux ultra-faibles est révolue. À court terme, cela devrait contenir la hausse des prix des propriétés, le temps que les ménages ajustent leurs comportements d’achat. »

Par ailleurs, la région de Montréal est la ville canadienne où les mises en chantier ont le plus reculé lors des six premiers mois de 2023, un record de 26 ans, et les pronostics pour 2024 ne sont pas optimaux. L’augmentation des coûts d’emprunt a affecté considérablement le portefeuille des constructeurs et promoteurs immobiliers au cours de la dernière année. Pour cette raison, il est prévisible que lorsque les taux d’intérêt se mettront à décliner, le segment de la copropriété dans la région du Grand Montréal soit aux premières loges de la demande refoulée, avec un taux d’appréciation légèrement supérieur à celui de l’unifamiliale.

« Outre le segment de la copropriété, le marché des propriétés unifamiliales de un million de dollars et plus devrait aussi observer une reprise au moment où les attentes d’abaissement des taux d’intérêt se matérialiseront », rapporte Marc Lefrançois, courtier immobilier agréé, Royal LePage Tendance, à Montréal. « Pour cette catégorie d’acheteurs, le déménagement d’une propriété à l’autre n’est généralement pas une nécessité urgente. Plusieurs ont donc préféré attendre afin de profiter de conditions de financement plus favorables, mais reviendront sur le marché rapidement lorsque la Banque centrale annoncera le début d’un cycle baissier des taux d’intérêt. »

Les conditions économiques de la province ont été lourdement plombées en fin d’année par le déclenchement de grèves dans le secteur public, de même que par de nombreuses mises à pied à travers un myriade d’industries, ce qui pourrait influencer la décision des consommateurs par rapport à des achats importants tels qu’une propriété en 2024, malgré une baisse des taux d’intérêt largement attendue.

« L’épargne accumulée par les ménages durant la pandémie a commencé à fondre, au rythme de l’inflation et des hausses de taux d’intérêt des 21 derniers mois », fait remarquer M. St-Pierre. « L’endettement des ménages québécois est élevé, et malgré des signes de soulagement des coûts d’emprunt à l’horizon, leur pouvoir d’achat demeurera limité. L’ajustement à la baisse du taux de financement à un jour de la Banque du Canada, même d’un quart de point de pourcentage, pourrait envoyer un message fort aux consommateurs vis-à-vis de la conjoncture économique future. La cadence à laquelle le rééquilibrage des taux d’intérêt se fera jouera aussi un grand rôle dans l’équation », poursuit-il.

M. St-Pierre ajoute : « Le début de l’année 2024 pourrait voir le marché immobilier du Grand Montréal démarrer lentement, suivant une tendance similaire à celle du dernier trimestre de 2023, et nous nous attendons à ce que la reprise s’enclenche rapidement dès la première baisse des taux d’intérêt. L’année 2024 s’annonce plus active que 2023 en termes de ventes de propriétés », a-t-il conclu.

Les prévisions de Royal LePage reposent sur l’hypothèse que la Banque du Canada a terminé sa campagne de hausse des taux d’intérêt et que le taux directeur restera stable à 5,0 % pendant la première moitié de 2024.

Consultez le communiqué de Royal LePage des prévisions de 2024 pour plus de renseignements sur les tendances régionales et nationales.

Par mcardinal